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Cérémonie commémorative à Bassevelle

 
 
Cérémonie commémorative à Bassevelle

Le secrétaire général de la préfecture Cyrille Le Vély s'est rendu à Bassevelle samedi 20 juillet pour une cérémonie commémorative

Discours de Cyrille Le Vély, secrétaire général de la préfecture de Seine-et-Marne :

 

Monsieur le Maire de Bassevelle,

Monsieur le Maire d’Ussy-sur-Marne,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les anciens combattants,

Mesdames et messieurs,

Nous sommes réunis en cette année du 75ème anniversaire de la Libération, devant cette stèle, pour rendre l’hommage qui est dû aux aviateurs britanniques de l’équipage du Lancaster JB318, dont l’avion abattu s’écrasa ici, à Bassevelle, le 19 juillet 1944, ainsi qu’à l’équipage du Lancaster PB 245 qui connu ce destin tragique à Ussy-sur-Marne.

Cette journée commémorative nous rappelle combien est lourd le tribut que nous avons payé avec nos alliés britanniques dans la lutte contre le pouvoir nazi. Pour mener à bien le troisième raid de la gare de Revigny-sur-Ornain, point hautement stratégique, la base britannique d’East Kirkby perdit 19 aviateurs et 5 Lancasters. La France est éternellement reconnaissante du sacrifice de ces combattants de la Liberté.

C'est un honneur pour moi d'être ici aujourd'hui à vos côtés pour commémorer cet anniversaire, aussi parce que cette année marque en France les 85 ans de notre armée de l'air, pendant lesquels elle a rempli, sans relâche, ses missions au service de la Nation et de la Liberté. Et qui dans les heures sombres de la guerre était présente sur tous les fronts au coté des forces alliées.

Vous étiez, vous, les sept aviateurs britanniques faits du même acier qu’Antoine de Saint-Exupéry qui, s’il fut d'abord cet écrivain dont tout le monde a lu, dans son enfance, Le Petit Prince, fut aussi un grand aviateur de la Seconde Guerre mondiale.

Nombreux sont ceux qui ont été directement ou indirectement touchés par cette guerre. Mais rares sont, en revanche, ceux qui ont pu et su mettre des mots sur cette terrible épreuve. Saint-Exupéry l’a fait dans son ouvrage « Pilote de guerre » paru en 1942 avec courage, avec talent, avec sincérité, livrant au cœur de sa plume ses convictions, son esprit de fraternité, son idéal de liberté.

« Ce récit et les discours de Churchill représentent la meilleure réponse que les démocraties aient trouvé jusqu'ici au Mein Kampf », écrit Edward Weeks dans The Atlantic. En cela ils participèrent, comme le sacrifice de milliers de membres de la Royal Air Force, aux conditions qui permettent aux démocraties de vaincre.

Monsieur Leonard Manning, vous avez vu le voyage du Lancaster JB318 et la vie de quatre de vos camarades s’achever ici il y a 75 ans.

Quelques jours plus tard, le 31 juillet, à 8h35, un autre oiseau d’acier depuis la base de Borgo décollait pour un autre voyage sans retour. A son bord, le Petit Prince, dont je vous citerai quelques vers extraits de Citadelle, et qui sonnent comme la prière de l’aviateur :

Seigneur, je sais que toute aspiration est belle.

Celle de la liberté et celle de la discipline.

Celle du pain pour les enfants

Celle de la science qui examine,

Celle du respect qui accepte et fonde.

Celle du partage qui distribue.

Celle du temps qui donne la méditation

Et celle du travail qui remplit le temps.

Celle de l'amour qui grandit l'homme,

Celle de la pitié qui va vers les autres,

Celle de l'avenir à construire

Et celle du passé à sauver.

Celle de la paix qui est récolte.

Seigneur, prêtez-moi un copeau de votre manteau

Pour y abriter tous les hommes

Avec leurs bagages de grands souhaits.

Dans les airs, les aviateurs du Lancaster JB318 vivaient l’enfer, alors que pour d’autres au sol leur grand oiseau blessé représentait le dessin de la Liberté qui revenait s’étendre dans les sillons et sur les terres de France.

Encore merci pour votre sacrifice. Et au delà de celui-ci, rendons hommage à tous les aviateurs tombés en libérant la France, l’Europe et le Monde.

Je vous remercie.

 
 

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