Actualité du préfet

Garden Party 2019

 
 
Garden Party 2019

Cette année encore Béatrice Abollivier, préfète de Seine-et-Marne et Patrick Septiers, président du conseil départemental de Seine-et-Marne ont conviés des élus, des autorités civiles et militaires, des représentants des grandes entreprises, des bénévoles (intervenants départementaux de la sécurité routière, de la protection civile, des centres d'accueil pour les étrangers...) à assister à la traditionnelle Garden Party du 14 juillet.

Cette cérémonie s'est déroulée dans les jardins de la préfecture décorés avec soin aux couleurs tricolores. Les invités ont été accueillis sur le perron de l'hôtel préfectoral par le président et la préfète au son d'un orchestre de jazz. L'assemblée s'est ensuite dirigée au centre des jardins afin d'y écouter les discours du président du conseil départemental et de la préfète :

 
     

Seul le prononcé fait foi :

Discours du 14 juillet 2019

 Mesdames et Messieurs les parlementaires,
 Monsieur le président du conseil départemental,
 Mesdames et Messieurs les maires,
 Mesdames et Monsieur les procureurs de la République,
 Monsieur le directeur départemental de la sécurité publique,
 Monsieur le colonel commandant le groupement de gendarmerie départementale,
 Mesdames et messieurs les directeurs,
 Mesdames, Messieurs,
 
 C’est une grande joie pour moi ce soir de vous accueillir dans les jardins de la préfecture pour célébrer notre fête nationale. Cette soirée est l’occasion pour nous, services de l’État, de manifester notre proximité, pas seulement géographique, avec le conseil départemental qui vous reçoit avec nous aujourd’hui. J’en profite pour remercier son président M. Patrick SEPTIERS, avec lequel nous coopérons en bonne intelligence au service de la Seine-et-Marne. C’est d’ailleurs le cas avec toutes les collectivités du département, dont beaucoup sont représentées ici ce soir. Qu’il me soit donc permis de saluer les élus, et de les remercier pour leur implication au quotidien au service de leurs territoires: vous êtes des partenaires privilégiés, et je sais toujours pouvoir vous retrouver lorsqu’il s’agit du bien commun.
 
 Depuis son institution en 1880 comme fête nationale, le 14 juillet est traditionnellement un moment d’unité et de concorde entre les citoyens. Aujourd’hui, tous les Français, de métropole, de l’outre-mer et de l’étranger se réunissent et manifestent ce « désir de vivre ensemble », dont Ernest Renan disait qu’il était la condition d’existence d’une nation. Cette journée doit être l’occasion de réfléchir ensemble à nos valeurs républicaines et à ce qui nous unit. Elle peut être aussi un moment de réflexion citoyenne sur l’action publique et sur les événements de l’année écoulée. C’est pourquoi je souhaiterais m’y arrêter brièvement, car ces événements que nous avons vécus ensemble peuvent être interprétés à la lumière des valeurs républicaines, la liberté, l’égalité et la fraternité, qui nous réunissent aujourd’hui et que je souhaite évoquer.
 
 A tout seigneur tout honneur, je commencerai par la liberté, cette « liberté, liberté chérie » célébrée dans La Marseillaise, qui est une perpétuelle exigence du peuple français depuis la Révolution. Cette liberté, elle est défendue au quotidien par nos forces de sécurité intérieure, sur le sol national mais également en opérations à l’étranger. La France, vous le savez, reste ciblée par des actions terroristes sur son sol ou envers ses ressortissants dans d’autres pays. Je souhaite donc rendre hommage aux militaires, policiers et gendarmes qui s’engagent chaque jour avec un complet dévouement au service de nos compatriotes. Je veux également saluer les anciens combattants et porte-drapeaux, présents ici ce soir, qui se sont aussi engagés pour défendre notre liberté lorsqu’elle était attaquée, en France comme au-delà des mers. La Nation vous est redevable de votre engagement, et n’oublie par vos sacrifices. Je vous remercie de votre présence parmi nous.
 
 Dans une moindre mesure, mais de façon très tangible, c’est aussi la liberté qui est attaquée lorsque prospèrent des trafics ou des actions illégales dans certains quartiers : la traite d’êtres humains, le travail illégal constituent autant de violations de cette exigence fondamentale. Là aussi, je tiens à rendre hommage aux forces de l’ordre qui s’engagent chaque jour pour faire respecter l’État de droit là où il est mis en péril. Je remercie également les représentants de l’autorité judiciaire, qui nous apportent un soutien précieux.
 
 J’en viens à présent à l’égalité. Elle est le corollaire de la liberté, et constitue également une exigence forte du peuple français, depuis qu’en 1789 il s’est soulevé pour mettre à bas les privilèges. Tocqueville affirmait que les Français avaient la « passion de l’égalité ». Cette passion est réapparue ces derniers mois chez nos concitoyens avec une force que nous ne pouvions ignorer. Ces dernières années en effet, la crise économique qui a atteint notre pays en 2008 s’est matérialisée par des fermetures d’entreprises et du chômage dans plusieurs bassins d’emploi. En parallèle, la digitalisation croissante des services publics et des réorganisations internes ont entraîné la fermeture de plusieurs structures administratives dans les territoires. Ces deux phénomènes conjugués ont pu provoquer chez certains de nos compatriotes un sentiment d’abandon, l’impression qu’il existait deux catégories de citoyens : ceux qui disposeraient de services publics à proximité de chez eux, et des citoyens de « seconde zone », qui seraient loin des services dont ils ont besoin, en plus d’être loin de l’emploi. Bref, l’impression que le principe d’égalité était bafoué.
 
 Préfète de ce beau département depuis maintenant deux ans, je mesure bien ses caractéristiques. Tout en étant proche de Paris, la Seine-et-Marne présente bien des traits que l’on retrouve dans les départements ruraux, et je sais que dans les petites communes la fermeture d’une école, d’une ligne de bus ou le départ à la retraite d’un médecin peuvent être rapidement et durement ressentis. Ce que demandent la plupart de nos compatriotes, c’est d’avoir accès à un service public qui soit présent sur tout le territoire, et qui garantisse à chacun une égalité de traitement, que ce soit en matière de retraites, de prestations sociales, de recherche d’emploi ou plus simplement d’accès à l’information.
 
 Pour répondre à cette demande qui s’est fortement exprimée, le Président de la République a décidé de la tenue du Grand Débat national. Comme en 1789, nous avons aussi mis à disposition des cahiers citoyens dans les mairies. Cela a permis à nos concitoyens de s’exprimer et de faire connaître leurs préoccupations. Celles-ci ont été entendues. Concernant les services publics en particulier, les mesures qui ont été annoncées récemment par le Premier ministre permettront à nos compatriotes de disposer de davantage de points de contact sur tout le territoire. Ils leur permettront de trouver, au plus près de chez eux, les réponses à leurs questions ou pour leurs démarches. Je pense en particulier aux maisons France Services, qui en 2022 seront présentes dans chaque canton.
 
 Le Grand Débat national a été l’occasion de constater que par-delà les divergences d’opinion, cette exigence d’égalité nous réunissait. Ce débat fut un exercice démocratique particuliè-rement vivifiant et réussi : aussi je tiens à remercier les maires et tous les élus, qui nous ont grandement aidés à l’organiser dans des délais contraints.
 
 J’évoquerai maintenant la fraternité. Elle est la dernière venue du triptyque républicain : elle n’a été ajoutée à notre devise que lors de la révolution de 1848. Des républicains comme Louis Blanc s’étaient rendu compte qu’elle était indispensable à la cohésion de la Nation. Comme la liberté et l’égalité, cette fraternité se vit au quotidien dans notre département. Comme la liberté et l’égalité, elle doit aussi être défendue tous les jours. Elle est visible par exemple grâce l’action des associations et des bénévoles, dont je salue ici les représentants. A travers vos maraudes d’aide aux sans-abris, vos structures d’accueil, vos aides aux devoirs et tant d’autres actions, vous apportez aux publics les plus fragiles ce supplément d’humanité dont ils ont parfois cruellement besoin. Ce dévouement, c’est également celui des services de secours, très sollicités ces derniers temps et auxquels je rends un hommage reconnaissant. Quelle plus belle preuve de fraternité que de s’engager malgré le danger pour secourir les personnes en péril ? Nous avons tous en tête vos actions courageuses lors des dernières inondations qui ont affecté notre département. Votre engagement sans faille fait honneur à cet idéal de fraternité qui imprègne notre République.
 
 Je souhaiterais également dire quelques mots de la laïcité. Elle ne figure pas dans notre devise républicaine mais a droit de cité du fait de la coexistence harmonieuse qu’elle permet entre citoyens de toutes croyances et de toutes opinions. Les religions sont toutes présentes sur le territoire seine-et-marnais, et je salue leurs représentants ici rassemblés. Je connais vos efforts pour promouvoir le dialogue entre toutes les confessions dans notre département, et je tenais ici à vous en remercier. Cette coexistence harmonieuse que vous pratiquez au quotidien se manifeste de manière exemplaire en plusieurs endroits, comme par exemple sur l’esplanade des religions à Bussy-Saint-Georges. L’an passé, les assises territoriales de l’islam de France, tout comme les états généraux de la bioéthique ont été l’occasion de débats apaisés ; ils nous ont prouvé la pertinence de notre modèle, où toutes les croyances peuvent s’exprimer librement dans le respect de l’ordre républicain.
 
 Mesdames et Messieurs,
 Vous l’aurez compris : si j’ai souhaité m’appesantir sur les valeurs communes qui fondent notre pacte républicain, c’était pour rappeler qu’elles orientent chaque jour l’action publique, tout comme elles nourrissent les réflexions et les exigences de nos concitoyens. Ces valeurs nous rassemblent et nous poussent sans arrêt à innover, à inventer de nouvelles solutions pour aider les Français à faire face aux défis de l’avenir. C’est là le rôle de l’État, aux côtés des élus et des collectivités territoriales. Je ne pouvais, dans cette courte allocution, remercier tous ceux qui font vivre nos valeurs au quotidien, par leur dévouement, leur abnégation, leurs efforts. Sachez cependant que par votre exemple, vous contribuez à transmettre ces valeurs qui nous unissent à notre jeunesse. Merci encore à tous de votre présence, qui nous honore, et de vos actions, qui nous rendent fiers.
 
 Vive la République et vive la France !
 

A l'issue, les élèves de l'Epide ont chantés l'hymne national. Chaleureusement applaudis, ces élèves ont été félicités pour leur interprétation par la préfète avant qu'elle invite les convives à s'approcher du buffet. Les invités ont ainsi pu admirer la décoration des tables avant d'échanger avec le président ou la préfète.
Cette célébration de la fête nationale est un véritable moment d'échanges apprécié de tous.