Actualité du préfet

Grenelle des violences conjugales

 
 
Grenelle des violences conjugales

Dans le cadre du lancement du Grenelle des violences conjugales par le Gouvernement, la préfète et les acteurs du territoire s'engagent dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Discours d’ouverture

« Grenelle de lutte contre les violences conjugales en Seine-et-Marne »

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Monsieur les Procureurs,

Mesdames et Messieurs les Chefs de services de l’État,

Mesdames et Messieurs les Responsables d’associations,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse de prendre la parole devant vous ce matin pour initier une dynamique de concertation sur un sujet qui doit retenir toute notre attention. Les violences conjugales sont aujourd’hui une cause nationale qui doit nous mobiliser afin de faire cesser cette violence intime, trop souvent cachée par peur des représailles ou d’une emprise délétère de la part de l’un des deux époux, souvent le plus fort. Il nous faut encore améliorer notre dispositif pour prendre en charge, lutter et accompagner les victimes. Cet engagement s’inscrit dans le choix du Président de la République de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes, la Grande cause du quinquennat.

La présidence française a renouvelé cet engagement à l’occasion du sommet du G7, au cours duquel la lutte contre les inégalités, notamment entre les femmes et les hommes, a été érigé en priorité. Les pays membres du G7 ont été appelés à s’engager, à travers le «Partenariat de Biarritz » à adopter et à mettre en œuvre des cadres législatifs progressifs pour l’égalité femmes-hommes.

Cette mobilisation s’explique par l’ampleur du phénomène sur notre territoire. Depuis le début de l’année, nous assistons, au plan national, à une augmentation forte du nombre de femmes victimes des coups de leur conjoint. Cette courbe ascendante doit être cassée.

C’est la raison pour laquelle le Premier ministre ouvre aujourd’hui 3 septembre 2019 à Paris un « Grenelle de la lutte contre les violences conjugales », qui réunit les ministres concernés, les acteurs de terrain, les services publics, les associations et les familles de victimes.

Ce « Grenelle » s’achèvera sur tout le territoire le 25 novembre 2019, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

C’est pour cette même raison que j’ai aussi décidé d’organiser symboliquement cette consultation départementale à partir de ce jour, du 3 septembre 2019, dont la version abrégée 3.9.19, vous l’aurez tous notés, correspond au numéro d’urgence anonyme et gratuit des violences sexistes et sexuelles. Au plan départemental, nous mènerons une consultation destinée à recueillir des propositions de nouvelles mesures, plus efficaces, plus opérantes sur le terrain.

Votre présence nombreuse montre que la Seine-et-Marne est engagée. Elle est loin d’être inactive dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Les collectivités, les associations, les services de l’Etat se mobilisent chaque jour pour soutenir les victimes et mener des actions de prévention.

Pour autant, cela ne suffit pas.

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Toutefois, deux femmes décèdent en moyenne chaque année dans notre département sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

En 2019, ce fut le cas le 6 janvier à Saint-Thibault-des-Vignes : Taïna (20 ans) a été tuée par son compagnon militaire (21 ans), après avoir été frappée plusieurs fois à la tête avec une barre métallique puis déposée sous un pont. L’auteur a été interpellé 3 jours plus tard à Clermont-Ferrand.

Mais les violences conjugales, dans notre département, ce sont aussi près de 2 000 plaintes qui sont déposées chaque année par des femmes victimes de violences : 2/3 en commissariat de police et 1/3 en brigade de gendarmerie.

Car effectivement ces violences restent à un niveau élevé en Seine-et-Marne, puisque plus de 1 500 victimes de violences conjugales ont été recensées depuis le 1er janvier 2019, la plupart avec coups et blessures volontaires. On a pu observer une augmentation de 6.12% des coups et blessures volontaires entre 2016 et 2019, de même que l'augmentation sur la même période de 6.90% des viols sur majeures.

Certes, en comparant les 7 premiers mois de 2019 à ceux de 2018, le contexte est celui d’une baisse globale des violences ; - 4,3 %, dont - 6 % pour les violences conjugales; alors que les chiffres nationaux montrent une dégradation. Ces chiffres prouvent que nos efforts ne sont pas vains et doivent nous encourager à redoubler d’engagement pour venir à bout de ce fléau.

Ces phénomènes concentrés sur certaines zones géographiques : plus de la moitié des violences exercées envers les femmes sont enregistrées sur 20 communes du département, notamment s’agissant des faits de viols, caractérisées par leur dimension urbaine. Sur ces territoires, nous devons concentrer nos forces.

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Cela suppose une prise en charge immédiate et coordonnée implique une structuration accrue du réseau d’acteurs sur cette thématique qui pourrait, par exemple, prendre la forme, d’un Lieu d’écoute, d’accueil et d’orientation unique, ou encore d’un réseau intégré de tous les acteurs que ce soit en zone police ou en zone gendarmerie, réunissant les intervenants sociaux, les associations et les collectivités.

Nous savons par ailleurs qu’il est urgent de rompre le silence, le tabou et les peurs qui entourent ce type de violences : toutes les actions qui pourront contribuer à faciliter les dépôts de plainte et à lever l’hésitation de certaines femmes à signaler auprès de forces de l’ordre les premières manifestations de violence seront en ce sens les bienvenues. Par exemple, le parcours allant de l’institution hospitalière à la prise en charge par les forces de l’ordre puis par les intervenants sociaux – et inversement - gagnerait à être fluidifié et formalisé. A vous d’imaginer les solutions les plus efficaces.

Enfin, notre effort collectif de sensibilisation et d’information autour de cette grande cause nationale doit être multiplié, que ce soit en direction du grand public et des victimes elles-mêmes. Il passe par la signature des contrats locaux de luttes contre les violences sexistes et sexuelles ou la création de groupes de travail dédiés dans les CISPD et les CLSPD pourrait être l’occasion d’une réflexion commune et adaptée à chaque territoire autour de quelques actions ciblées de communication.

Si je ne souhaite pas préjuger des résultats qui émaneront de notre consultation départementale, il parait d’ores et déjà évident qu’il conviendra de sensibiliser les seine-et-marnais, de trouver des mesures nouvelles et innovantes ou encore de créer une dynamique locale afin d’organiser avec un maximum de réactivité la protection et l’accompagnement immédiats et systématiques des femmes victimes de violences.

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En ce sens, je vous propose de travailler sur les deux thématiques suivantes :

  • La prise en charge et l’accompagnement des femmes victimes, notamment leur repérage, le dépôt de leurs plaintes, leur protection et leur hébergement,
  • L’organisation et le renforcement de réseaux locaux, communaux comme intercommunaux, afin que les femmes puissent être prises en charge dans les meilleures conditions.

Deux ateliers se tiendront d’ici le 3 novembre, afin d’approfondir ces deux thématiques et surtout de faire émerger des propositions, tant pour le niveau national, que pour le plan local.

Dès ce matin, nos travaux aborderont ces thématiques. Mais auparavant, je vous propose de faire un tour de table puis chacun bénéficiera ensuite d’un temps de parole pour exposer sa vision, ses constats et peut-être déjà, des propositions, selon l’ordre du jour qui vous est proposé et vous a été distribué.


Pour aller plus loin

https://www.arretonslesviolences.gouv.fr/