Confirmation de présence de la maladie d'Aujeszky sur des sangliers en forêt de Fontainebleau

 
 

Trois chiens de chasse qui ont participé à une chasse aux sangliers en forêt de Fontainebleau, le 2 janvier 2022, ont présenté des symptômes évocateurs de la maladie d'Aujeszky (démangeaison de la tête et du cou, symptômes neurologiques) le 8 janvier. Ils ont été conduits chez 2 vétérinaires différents dans l'Essonne et le Loiret, tous deux ont évoqué l'hypothèse de la maladie d'Aujeszky, les 3 chiens sont décédés. Les propriétaires des chiens habitent le 91, 77 et 45

Un 4ème chien du même groupe de chasse (plus d’une trentaine de chiens) est également mort quelques jours plus tard

L'analyse PCR réalisée, le 10 février 2022, sur un prélèvement de cerveau de l'un des chiens a confirmé la suspicion clinique de maladie d'Aujeszky.

La maladie d’Aujeszky n’est pas transmissible à l’homme et la viande de porcs et sangliers abattus est tout à fait consommable.

Il s'agit d'une maladie virale qui touche les suidés domestiques et sauvages (porcs et sangliers), et de façon accidentelle les carnivores et les ruminants.

Souvent inapparente chez les suidés, elle peut s'exprimer, selon l'âge des sujets atteints, par des symptômes variés: mortinatalité chez les porcelets, troubles respiratoires chez les porcs à l'engrais, avortements chez les truies.

Chez les chiens, elle s'exprime par une encéphalite d'évolution rapide et mortelle (pseudo-rage) parfois associée à un prurit important.

Cette maladie se transmet principalement par voie directe lors de contacts rapprochés entre porcs ou sangliers infectés.

La maladie peut aussi se transmettre par voie indirecte, entre élevages par aérosol, via du matériel contaminé, ou encore par ingestion d'aliments à base de viande de porcs infectés.

La France continentale est reconnue indemne de maladie d’Aujeszky en élevages porcins, il n’existe pas de traitement et la vaccination est interdite chez le porc pour pouvoir conserver ou retrouver le statut indemne.

Toutefois, la maladie circule chez les sangliers sauvages dans certains massifs. Le chien de chasse joue le rôle de sentinelle de la circulation à bas bruit de cette maladie. Il est à la fois la victime passive et le révélateur de la contamination virale de certaines zones à sangliers.

Mesures de précaution à prendre en cas de chasse dans cette zone :

Le mode de contamination peut être alimentaire mais aussi par voie cutanée liée à la présence d’une plaie notamment lors de batailles entre chiens et sangliers ou lorsque les chiens « pillent » le gibier mort.

Si empêcher les batailles entre chiens et sangliers reste théorique, il est recommandé aux chasseurs de cette zone d'agir sur l’alimentation des chiens en bannissant la viande et les abats crus de sanglier ou cas échéant, les distribuer cuits.

Par ailleurs il est souhaitable de renforcer le nettoyage et la désinfection du matériel souillé (bottes, couteau...).

La possibilité de vacciner les chiens de chasse existe. Les détenteurs de chiens de chasse intéressés sont invités à se rapprocher de leur vétérinaire.